In Memoriam
Mark Grammens
(1933-2017)

Un mouvement nationaliste de gauche pour la souveraineté flamande


Meervoud est un mouvement nationaliste de gauche qui poursuit la souveraineté flamande. Ses objectifs stratégiques sont : le renforcement de la conscience nationale flamande, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire au sein d'un Etat flamand. Cela veut dire que la démocratie, qui a été éliminée par le capital mondial et par le néolibéralisme, doit être rétablie en Flandre. A cette fin nous éditons la revue mensuelle du nom de ' Meervoud ', ainsi que des livres et d''autres publications. A côté de ces publications, il y a d'autres activités qui peuvent avoir lieu.

Depuis la naissance de l''Etat belge en 1830 le pouvoir des classes dirigeantes belges était basé sur la grande industrie nationale. Mais depuis les années ''80 du siècle passé, bien des choses ont changé : la bourgeoisie belge s'est intégrée au sein des groupes capitalistes multinationaux. Ceux-ci imposent aux peuples européens une politique néolibérale : c'est surtout au travers des institutions de l'Union européenne que cela se passe. Cette politique mène au démantèlement des mécanismes de protection sociale et à la suppression de la démocratie.

La classe dirigeante en Belgique maintient pourtant son pouvoir, appuyée par le capital mondial, mais elle perd de plus en plus son hégémonie idéologique auprès de la population. Pourquoi ? Pour maintenir son pouvoir elle doit recourir de plus en plus à des mesures antisociales et à des moyens antidémocratiques. Le principal procédé pour éliminer la démocratie est le transfert de compétences aux organismes supranationaux qui ne sont pas sanctionnés par le scrutin.

A cause de la perte d'emprise idéologique de la classe dirigeante belge, le cadre de référence commun de la Flandre et de la Wallonie s'érode. Le nationalisme officiel de l'Etat belge doit céder de plus en plus de terrain aux deux peuples, Flamands et Wallons qui cohabitent en son sein depuis 1830. L'intérêt commun belge s'éclipse ; Peu à peu les contours d'une nouvelle vision de l'intérêt général prend forme. Celle-ci n'est plus belge, mais wallonne ou flamande.

Les nationalistes flamands de gauche ont défini les priorités suivantes :
  • Renforcement de la conscience nationale flamande. A cette fin, l'épanouissement de la langue néerlandaise (7ième langue européenne, parlée par 22 millions de personnes aux Pays-Bas et en Flandre). Le respect des lois linguistiques doit être assuré à Bruxelles et aux alentours. Le consumentisme individualiste qui est de mise, et où l'anglais est la langue dominante, doit être combattu. La non-discrimination et l'intégration des immigrés en Flandre doivent être réalisées, en les permettant d'acquérir les compétences linguistiques nécessaires.
  • La souveraineté nationale pour la Flandre, comme Etat indépendant dans une confédération d'Etats européens. (L'Union européenne réduit les peuples en ethnies ou régions, disposant d'une autonomie culturelle limitée et encore moins d'autonomie socio-économique). L'Etat flamand doit conquérir sa souveraineté en rompant les contraintes du capital mondial qui a remplacé la souveraineté nationale des peuples par la souveraineté des actionnaires et des managers.
  • L'Etat flamand sera internationaliste, c'est-à-dire qu'il aura une grande ouverture vers les autres Etats et les peuples. Les problèmes entre les peuples doivent être résolus par voie pacifique. La Flandre souveraine doit investir beaucoup dans ses relations avec les pays voisins et particulièrement avec la Wallonie. Les nationalistes flamands de gauche poursuivent une coopération étroite avec tous les mouvements démocratiques et souverainistes en Europe et dans le monde.
  • Pour sauvegarder la démocratie, les nationalistes flamands de gauche croient nécessaire le rétablissement de la souveraineté populaire. Cela veut dire que toute autorité de l'Etat doit émaner du peuple et refléter la volonté du peuple. L'ordre juridique intérieur est donc démocratique. Il n'y a pas de légitimité démocratique en dehors de lui. Aussi rejetons-nous la légitimité des technocraties supranationales antidémocratiques telles que l'UE, le FMI, l'OTAN, l'OMC etc.
Nous voulons orienter l'ordre démocratique dans un sens qui permette le développement socio-économique de la nation. Un contr&occirc;le démocratique du capital est donc nécessaire, ainsi qu'un cadre contractuel entre les entreprises et les autorités politiques (qui puissent garantir le respect de normes sociales et écologiques, et assurer la participation des syndicats et consommateurs). Ensuite, un système fiscal équitable, le plein emploi, la sécurité sociale garantis... Tout cela suppose une rupture avec les recettes politiques néolibérales.
Le rétablissement de la démocratie via la souveraineté populaire contribuera à réduire le gouffre entre les riches et les pauvres en Flandre. C'est la meilleure voie pour assurer la prospérité et le bien-être du peuple flamand.

Bruxelles, mars 2005